Les classes inversées en quelques mots…

Autrefois, un professeur d’université enseignait 80% des connaissances acquises dans sa formation ; aujourd’hui, dans certaines branches, il n’en enseignerait plus que 5 à 10%, tant le rythme d’élaboration du savoir s’est accéléré (Serres et Stiegler, 2012). L’enseignant n’est plus le transmetteur d’un savoir constitué puisqu’il y a désormais davantage de savoirs en cours de constitution, en permanente réélaboration.

La classe inversée est une approche pédagogique dans laquelle une première exposition à la matière s’effectue de manière autonome, dans une phase préalable à une phase présentielle animée par un enseignant. L’ancrage et l’approfondissement des connaissances sont travaillés pendant cette séance par le biais d’activités appropriées (échanges avec l’enseignant et entre pairs, projets de groupe, activité de laboratoire, débat…). La partie préparatoire autonome peut s’effectuer avec différents types de ressources (livres et autres documents, sites Web, vidéos, logiciels…) et de tâches à réaliser (faire une recherche, répondre à un quizz…).

Dans une classe inversée, l’enseignant ne se pose pas d’abord en expert sur son estrade (“sage on the stage”) mais en accompagnateur, en facilitateur d’apprentissage (“guide on the side”).

De son côté, l’étudiant n’est plus désigné comme le réceptacle d’un savoir transmis, mais comme un partenaire actif dans l’élaboration du savoir. Le voici propulsé au rang de protagoniste de son apprentissage. On attend de lui qu’il développe de nouvelles compétences et que, de simple auditeur récepteur, il devienne gestionnaire de projet, discutant lors d’un débat, chercheur d’informations, présentateur d’une étude de cas, enquêteur sur le terrain.

Si le défi est ambitieux, les manières d’y parvenir sont multiples ! C’est sans doute une des raisons du succès des classes inversées : l’état d’esprit proposé est sans équivoque mais les possibilités d’action sont infinies. Tout enseignant peut l’expérimenter, à petite ou grande échelle, selon son temps, ses possibilités, sa créativité, son contexte de travail, le type d’apprenant qu’il a face à lui.

 

Source:  La classe à l’envers pour apprendre à l’endroit